Par Splinter
Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 11:19

Prochain Conseil municipal :
jeudi 31 mars à 19h, à l’Hôtel de Ville.
Renseignements au 05 57 93 63 87

   
lancement du portail @ccueil

Lancement du Portail @ccueil
La saison des inscriptions scolaires et périscolaires arrive à grands pas !
Pour l’occasion la Mairie prépare une petite révolution : elle lancera le 21 mars prochain lePortail @ccueil, sa plateforme de téléservices sur Internet.
Avec le Portail @ccueil, vous pourrez effectuer un grand nombre de démarches administratives, de chez vous, 24h/24 et 7j/7 : inscrire vos enfants à l’école, aux services périscolaires, aux centres de loisirs, etc. Le Portail @ccueil, c’est aussi des pièces justificatives à ne fournir qu’une fois ou encore une facture unique, que vous pourrez régler en ligne. 
A cette occasion, une refonte complète du site internet de la Ville de Pessac sera mise en ligne.
+ d'infos ici 

Prochain forum de Pessac

Prochain Forum de Pessac
Dans le cadre des Forums de Pessac, la Ville de Pessac accueille :
Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International, sur le thème « Diplomatie et droit humain ».
Jeudi 3 mars – 18h30
François Morel, comédien et chroniqueur
Mardi 8 mars – 16h (avant son spectacle au Galet à 20h30)
Rendez-vous au Cinéma Jean Eustache (place de la Ve République).
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Renseignements : 05 57 93 63 53 
Télécharger le programme des forums

Forum des jobs d'été 2011

Forum des jobs d’été
Du 31 mars au 2 avril
Sur 3 jours au Centre Culturel et Associatif Jean Eustache (place de la Ve République) :
de nombreuses offres d’emploi proposées par les partenaires présents, des ateliers pour aider à la recherche de jobs, des infos sur la législation du travail saisonnier et sur les formations diplômantes…
Renseignements : 05 56 46 30 12
bij@mairie-pessac.fr

Sortir

Rencontres du cinéma latino américain 2011

28es Rencontres du Cinéma latino-
américain
Du 9 au 15 mars
L’association France-Amérique latine 33 présente au Cinéma Jean Eustache (place de la Ve République), son 28e festival du Cinéma latino-américain.
Thème 2011 : « La justice et l’enfermement dans les sociétés latino-américaines », développé sous forme de projections, exposition, rencontres, tables rondes…
Renseignements : 05 56 
85 27 35
contact@fal33.org
www.fal33.org

2e Printemps du sport à Pessac

2e Printemps du sport à Pessac
Du 18 au 20 mars
Ce 2e Printemps du Sport est l’occasion d’expérimenter et de dialoguer autour du sport, à Pessac ! Mais aussi de participer aux : randos (pédestres, cyclistes et en roller), trail course nature, course d’orientation, spectacles (matchs d’improvisation théâtrale), soirée festive de la Saint-Patrick…
Renseignements : 05 56 45 15 65
contact@oms-pessac.fr
Télécharger le programme

Grand Carnaval de Pessac
Samedi 26 mars
Départ place du Monteil à 15h puis défilé de chars vers Pessac-centre. Manifestation organisée par la Fédération des Syndicats de quartier de Pessac.
Renseignements : 05 56 45 55 51

agenda

Retrouvez l’intégralité de l’agenda en cliquant ici

En bref

En route vers la TV tout numérique

En route vers la TV tout numérique
La télévision va passer au « tout numérique » : êtes-vous prêt ?
Pour le savoir, rendez-vous avec le bus du « Tout numérique », qui prendra ses quartiers à Pessac :
• mardi 15 et vendredi 18 mars, place de la Ve République
• jeudi 17 mars, rue Léon Morin
• mardi 22 mars, place du Monteil
• jeudi 31 mars, centre commercial Cap de Bos
Renseignements : 0 970 818 818 (numéro non surtaxé, prix d’un appel local, du lundi au samedi de 8 h à 21 h)
www.tousaunumerique.fr

Les élections cantonales
À l’occasion des élections cantonales, dimanche 20 mars (1er tour) et dimanche 27 mars (2d tour), les bureaux de vote de Pessac seront ouverts de 8 h à 19 h.
Les résultats seront affichés à partir de 21 h 30 dans le hall de l’Hôtel de Ville.
Renseignements : 05 57 93 63 90
citoyennete@mairie-pessac.fr

La restauration scolaire au groupe scolaire Jules Ferry
La procédure d’urgence, mise en place suite à l’incendie du bâtiment de restauration de l’école Jules Ferry, prend fin. Les enfants vont à nouveau déjeuner dans leur école, dès le 14 mars, grâce aux préfabriqués installés à cet effet.
Les travaux se poursuivent en parallèle, pour permettre aux écoliers de retrouver une cantine rénovée, dès la rentrée 2011.
Renseignements : 05 57 93 64 90
educ@mairie-pessac.fr

nouveau
opération aim p3 à Pessac

Opération Aim’P3 Pessac, Ville Propre !
Du 1er au 3 mars
La Ville de Pessac organise l’opération Aim’P3 afin d’oeuvrer ensemble pour une ville plus propre. Au programme sur divers lieux de la commune :
découverte de la brigade anti-tags, exposition, nettoyage des rues de votre quartier et des sites touchés par les dépôts sauvages, animations sur le thème de la propreté et du tri des déchets auprès des scolaires, lycées et centres de loisirs.
Renseignements : 05 57 93 66 07
proprete-urbaine@mairie-pessac.fr

Télécharger le programme

nouveau
Parution de Côté Pessac numéro 3

Parution de Côté Pessac de mars
Du 1er au 3 mars
Le n°3 de "Côté Pessac", journal mensuel de la Ville, vient de paraître. 
Au sommaire : lancement du Portail @ccueil, 2e Printemps du sport, agenda des manifestations pessacaises de mars…
Distribution en boîte aux lettres dès le 28 février.
Télécharger le numéro 3

sur les ondes

Prochains rendez-vous sur Radio Campus
Prochaines émissions "En direct de Pessac" sur Radio Campus 88.1 FM, mercredis 2 mars (thèmes : Printemps du sport et Forum des jobs d’été) et 30 mars (thèmes : Printemps du Bourgailh et Break in the City) à 13h.
www.bordeaux.radio-campus.org

> 2e Quinzaine du Développement durable – du 1er au 17 avril
> Break in the city – du 12 au 17 avril
> Festival des Toiles filantes – du 13 au 17 avril 
> Printemps du Bourgailh – 16 et 17 avril
> Concours J’embellis ma ville – du 16 avril au 20 mai




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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 10:49
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bordeaux.fr 85 Infolettre n° 85
     
 
A la Une

Shangai, Pékin, Wuhan Shangai, Pékin, Wuhan
Bordeaux est à l'honneur de l'Exposition universelle de Shanghai, du 5 au 30 septembre au sein du pavillon français. A cette occasion, Alain Juppé conduit une mission bordelaise en Chine autour du thème du développement durable, de la promotion de la Ville et du vin de Bordeaux. Carnet de voyage.

 

A vos marques ! A vos marques !
Préparez les Journées du patrimoine. Pensez à réserver vos places.

Brocantes Brocantes
Grands déballages de brocante aux Grands hommes et à Saint Michel.

Et aussi
Et aussi Les nouveautés de la rentrée scolaire
Et aussi Portes ouvertes à l'Ecole du cirque, jusqu'au 12 septembre
Et aussi Logements étudiants : appart'dating à l'espace rentrée
Et aussi 1 € par semaine pour Médecins sans frontières
Et aussi Viens t'amuser au musée des Arts décoratifs

Sortir
Cinéma - Les lascars et Walk the line, deux films Cinesites en plein air(11/9)
Festival - Ouvre la voix, circuit cylo-musical dans l'Entre-deux-Mers (10-12/09)
Théâtre - Tortilla mucho, théâtre La Pergola (14-25/09)
Exposition - Max Boufathal et Claire Soubrier, galerie Tinbox (10/9-23/10)
Classique - James David Christie (USA) à l'orgue, abbatiale Sainte-Croix (15/09)
Découverte - Coulisses, la bibliothèque Mériadeck se dévoile (14/9-21/10)

Tous les événements Tous les événements
Le programme des cinémas Le programme des cinémas

 
Quartiers

Pique-nique Pique-nique
Grand beau temps prévu, vendredi, pour le grand pique-nique des quartiers ! Avec plus de 60 lieux, il y en a forcément un à côté de chez vous...

Bordeaux maritime
Ciné, Culture et Convivialité avec l'association Esprit de Quartier, le 11 septembre place Avisseau.

Caudéran
Rendez-vous pour un Conseil de quartier le 14 septembre.

Centre ville
Visite de quartier le 9 septembre. L'occasion de rencontrer votre élue de proximité et les agents des services municipaux.


Démarches

Etudiants
Demande d'aide au logement étudiant en ligne


Toutes les démarches


La mairie recrute

Agent technique polyvalent
Auxiliaire de puériculture

 

 

 
Bordeaux vue par vous

Céline B.
© Céline B.

Bénédicte Salzes
© Bénédicte Salzes

Ana
© Ana

 
Bordeaux en vidéos

Alain Juppé
Alain Juppé

Cheng Tao
Cheng Tao

Quai des Sports
Quai des Sports


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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 02:01

Date de la newsletter - mai 2010

Prochain Conseil municipal :
jeudi 30 septembre à 19h, à l’Hôtel de Ville.
Renseignements au 05 57 02 21 26
   
fête des associations 2010

Fête des associations
Samedi 4 septembre - de 10 h à 18 h
Avenue Pierre-Wiehn (marché Bourrec) -
Pessac-centre.
Une centaine de stands d'information pour découvrir la vie des associations de Pessac, la vie des quartiers, les offres de loisirs pour adultes et enfants…
+ 3e édition de la Bourse du bénévolat

Renseignements : 05 56 46 26 01
pessac.maisonasso@wanadoo.fr
Télécharger le programme

atout langues

5e Atout-langues
Les 24 et 25 septembre
Médiathèque Jacques Ellul (21, rue de Camponac)
Journées d’information et d’animation sur les langues étrangères pour trouver une formation, un séjour linguistique, des infos sur les certifications de niveau…
Manifestation organisée par le Bureau Information Jeunesse de la Ville de Pessac et ses partenaires.
Programme complet sur
www.mairie-pessac.fr
Renseignements : 05 56 46 30 12
bij@mairie-pessac.fr

saison culturelle 2010-2011

Saison culturelle : abonnez-vous !
Le programme de la saison culturelle vient de sortir. Découvrez toutes les propositions artistiques de Pessac En Scènes, du Cinéma Jean Eustache, des bibliothèques de Pessac, de l’Artothèque de Pessac… sur un document unique téléchargeable ici.
LE rdv à noter : 2e Nuit défendue, vendredi 1er octobre de 20 h à l’aube à la Médiathèque, pour une ouverture de la saison culturelle détonante !
Renseignements : 05 57 02 21 05
culture@mairie-pessac.fr

Sortir

journees du patrimoine 2010

Journées du patrimoine
Les 18 et 19 septembre
Manifestation nationale sur le thème "Les grands hommes".
Découvrez, au fil des nombreuses animations, les grands noms pessacais tels que Jacques Ellul, Jean Eustache, Robert Escarpit, Henry Frugès... Entrée libre
Renseignements :
05 57 02 21 86

tourisme@mairie-pessac.fr
Télécharger le programme
www.journeesdupatrimoine.culture.fr

G.Hillairet à l'artothèque

L’art contemporain hors les murs
Du 30 août au 12 septembre
Les arts au mur Artothèque (16bis, avenue Jean Jaurès)
Guillaume Hillairet s’expose à l’Artothèque et dans le mobilier urbain de Pessac, avec "Intérieur jour / Murs aveugles". Ce double projet artistique confronte des espaces publics visibles et des espaces privés intimes.
Exposition suivie de la présentation des nouvelles acquisitions de l’Artothèque du 16 septembre au 19 octobre.
Renseignements : 05 56 46 38 41
www.lesartsaumur.com

13e Festival des nuits du Ramadam
Un festival d’échanges culturels à Pessac avec soirées festives, ateliers, concerts, projections, fête de l’Aïd…, organisé par Union M et son collectif.
Renseignements : 06 33 51 04 09

agenda

Retrouvez l’intégralité de l’agenda en cliquant ici

En bref

le dispositif zoom revient

Zoom 2010, c’est parti !
Zoom est un dispositif d’aide aux projets pour les jeunes Pessacais de 15 à 25 ans.
Que votre projet soit économique, scientifique, humanitaire, solidarité…, vous pouvez bénéficier d’un réseau local d’accompagnement et d’un soutien financier.
Date limite de remise des dossiers : 15 novembre 2010.
Renseignements : 05 57 02 21 53
jeunesse@mairie-pessac.fr

Télécharger le flyer, le formulaire d’inscription, et le règlement.

ecture à la bibliothèque de Saige devient bibliothèque

La bibliothèque de Saige change de nom
La bibliothèque de Saige s’appelle désormais bibliothèque Pablo Neruda, du nom du célèbre poète chilien, qui représente une des voix les plus prestigieuses de la poésie contemporaine d’Amérique latine.
Cette dénomination est associée à la présence d’une importante communauté chilienne, installée à Saige depuis les années 70.
Bibliothèque Pablo Neruda - 16 bis allée des Mimosas - Pessac - 05 56 45 07 57

biblio.saige@mairie-pessac.fr
mediatheque.mairie-pessac.fr

Pessac-centre : les travaux d’été s’achèvent
Les travaux de réseaux (électricité et eau), en vue du futur aménagement de la Place de la Ve République, s’achèvent au plus tard le 3 septembre. La circulation automobile sera rétablie dans le centre-ville et la place dégagée, hormis le petit tronçon Poilus-Laugaa.
Les travaux concernant le passage souterrain Pujol-Chaumet sont terminés, la circulation et l’accès au parking souterrain sont rétablis.

nouveau

20 bornes relais vêtements installées
Désormais, vous pouvez déposer vos vêtements et chaussures usagés dans les 20 bornes de collectes, installées sur Pessac. Ce service est géré par Relais Gironde qui emploie des personnes en insertion pour réaliser la collecte. Les textiles ainsi récupérés peuvent avoir une seconde vie ou être recyclés. Deux bonnes raisons de vous débarrasser de tout ce qui encombre vos armoires !
Renseignements : 05 57 02 20 46
Télécharger la liste des bornes

Nouveau rythme pour les permanences Info énergie
Pour répondre à la demande croissante d’informations sur les problématiques énergétiques par les Pessacais, la Ville de Pessac double le dispositif de permanences Info énergie.
Deux rdv sont désormais proposés chaque mois, à savoir : 8 et 13 septembre, 11 et 13 octobre, 8 et 10 novembre, 8 et 13 décembre…
Renseignements et inscriptions obligatoires au 05 57 02 20 50 ou
agenda21@mairie-pessac.fr

> 2e Nuit défendue / ouverture de la saison culturelle – 1er octobre
> Automne du Bourgailh – 2 et 3 octobre
> Prochain Forum de Pessac – 7 octobre
> 13e Festival des Vibrations Urbaines – du 22 octobre au 1er novembre
> 21e Festival international du film d’histoire – du 15 au 22 novembre
> Marché aux bouquins – 20 et 21 novembre


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Par Splinter
Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 11:17

Histoire

Burdigala fut fondée au IIIe siècle av. J.-C., par les Bituriges Vivisques (littéralement « Bituriges déplacés »), peuple gaulois de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique et de Bretagne (Grande-Bretagne, Cornouailles). Le premier emplacement habité est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de « marais boueux » que conserve encore de nos jours une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.

En 56 av. J.-C. est accueilli à Burdigala le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., et le premier urbanisme romain. Le cardo et le décumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et Rues Porte Dijeaux et St Rémy) sont tracés et l'on construisit des aqueducs, des temples, un amphithéâtre et une curie. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine. Elle est érigée en civitas administrée par un collège de magistrats.

En 28 av. J.-C. la ville est l'une des quatorze cités de l'Aquitaine Seconde.

En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit latin.

Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule. Entre 40 et 60 sont implantés sur les coteaux nord de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes). La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Seurin. De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Piliers de Tutelle) et le Palais Gallien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).

La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus (271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.

Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est pillée et incendiée), la cité édifie (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum qui est construit en 286. Il s'agit d'une enceinte de 740 mètres sur 480 mètres dont les murs ont une hauteur de 10 mètres et une largeur de 5 mètres. On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).

Vestiges antiques

Palais_Galien.jpgPalais Galien

palais-galien-bordeaux_2452.jpgvue aerienne

L'Amphithéâtre de Bordeaux dit Palais Gallien fut construit au IIe siècle. L'arène intérieure mesure 70 mètres sur 47 mètres, et le pourtour de l'édifice est de 132 mètres sur 111 mètres, ce qui en fait un amphithéâtre de bonne taille. D'après sa dimension, on estime sa capacité à 15 000 places.

 

Bordeaux a conservé jusqu'en 1675 un important monument gallo-romain, dit Piliers de Tutelle. Ce bâtiment du IIIe siècle, unique dans la France du XVIIe siècle, avait comporté 24 colonnes surmontées d'une architrave, rehaussées d'un couronnement à arcades orné de cariatides de 3 m de hauteur. L'architecte Claude Perrault (1613-1688), qui dessina ce qu'il en restait en 1669 (17 colonnes), indique qu'il ne s'agissait ni d'un temple, ni d'une basilique, puisque l'on n'y voyait nulle trace de charpente[2]. Il s'agissait probablement du forum de Burdigala. Cette ruine presqu'intacte fut détruite en 1675[3] et enfouie sous les glacis du Château Trompette alors rebâti sur les plans de Vauban.

Les piliers de tutelle dessinés en 1669 par Claude Perrault, détruits en 1675.

 

 


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Par Splinter
Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 16:09

Par Laurence Kalafatides

 

Le 18 mai 2008

La nouvelle vient juste de tomber. Cette année, le Bilderberg tiendra sa conférence annuelle du 5 au 8 juin, à Chantilly, près de Washington. Cette information, venue des Pays-Bas, a peu de chance d’intéresser les téléspectateurs français car, depuis le 4 mars 2008, ils "savent" que le Bilderberg n’existe pas. En effet,ce soir là, Yves Calvi, consacrait son émission C dans l’air - une de ces cuistreries dont la télévision française est friande - à la question : “ Qui gouverne le monde “. 

Yves Calvi, journaliste depuis 1986 (France Info, FRI, Europe http://europa.eu/ 1) recevait quatre éminents spécialistes du sujet : Gérard Chaliand (spécialiste des problèmes géopolitiques et stratégiques), Nicole Bacharan (historienne et politologue franco-américaine), Jean-François Khan (historien, journaliste depuis 1964 - EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" 1, l’Express, le Monde - fondateur de l’Evénement du Jeudi puis de l’hebdomadaire Marianne),et enfin Jacques Rupnik (Directeur de recherches au Centre d’études et de recherches internationales).

Comme à l’accoutumée, la fin de l’émission fut dédiée aux questions des téléspectateurs. Yves Calvi se saisit d’un message et posa la question à brûle-pourpoint : [1]
> Y. Calvi : Que savez-vous de l’organisation mondiale Bilder ... beurk, je vais y arriver... Bilderberg, moi j’en avais jamais entendu parler, qui réunit chaque année les personnages les plus influents du monde ? vous connaissez ça vous ?
> Réponse unanime des invités : NON
> Y. Calvi : Ben voilà, c’est un bide en direct
> J-F Khan : Je connais la Tricontinentale [2] , je connais Davos, mais je connais pas ...
> N. Bacharan : Je ne connais pas du tout cette organisation donc je n’en dirais rien
> Y. Calvi : c’est peut-être une invention d’un téléspectateur qui a de l’humour, qui nous teste ?
> N. Bacharan : peut-être qu’il voulait vérifier...
> G. Chaliand : Je me méfie beaucoup de ces organisations mondiales qui dans l’ombre se réunissent et distribuent en quelque sorte les dividendes et les rôles. C’est une longue histoire.
> Y. Calvi : Vous êtes peut-être en train de répondre très habilement à une fausse question, ce qui est très rare, et ce qui pour le coup est d’une grande intelligence, enfin moi, ça m’arrange !

La suite de l’émission importe peu. Les téléspectateurs auront retenu que le Bilderberg n’existe pas puisque cinq journalistes et spécialistes de géopolitique n’en ont tout simplement jamais entendu parler.

A la décharge de nos brillants “experts” il faut reconnaître que le Groupe de Bilderberg n’existe QUE depuis 54 ans, et que ce club ultra huppé ne reçoit QUE des têtes couronnées, des ministres,des secrétaires généraux de l’OTAN, des PDG, des patrons de presse. On le voit, il n’y a là rien qui puisse éveiller la curiosité des invités d’Yves Calvi. Pourtant...

Le Bilderberg, ce fantasme de gauchiste [3]

Pourtant, la genèse du Groupe de Bilderberg est une histoire fort instructive qui mérite d’être contée, car elle donne à voir une réalité qui se situe à l’exact opposé de la démocratie. Depuis sa création en 1952, le Bilderberg a largement contribué à construire le condominium euro-américain, sous leadership US, que l’on voit à l’oeuvre aujourd’hui. Ce condominium transatlantique peut être considéré comme la clé de voûte du nouvel "ordre mondial" que le président américain Harry Tuman a annoncé en 1947. Plan Marshall, OTAN et son réseau secret Stay-Behind, Union Européenne, CIA , MI6 et Bilderberg font partie des instruments utilisés pour mettre en place cet "ordre mondial" et mener la guerre froide.
Pour autant, façonner ce nouvel ordre mondial, selon l’architecture décidée par Washington, implique la collaboration des pays membres de l’Alliance Atlantique. Le Bilderberg a précisément pour fonction d’assurer cette collaboration. La filiation OTAN/Bilderberg peut se lire au travers des nombreuses sessions consacrées "aux questions sur lesquelles un accord au sein de l’Alliance Atlantique peut s’avérer difficile." Sous couvert de débats, le Bilderberg exerce une véritable diplomatie parallèle au prétexte que, selon ses propres termes, " les dimensions et les possibilités des contacts officiels [ des hommes d’Etat et des diplomates ] ont leurs limites et ne couvrent pas tout le champ que les fondateurs de Bilderberg avaient en idée."

Le Groupe de Bilderberg, dont l’objectif affiché est de construire "l’unité du monde occidental" ne recrute que" des gens importants et respectés et qui peuvent contribuer à la réalisation des objectifs que le Bilderberg s’est assigné. [4]" Au début de chaque conférence, une note distribuée aux participants indique que l’on attend d’eux qu’ils usent de leur "influence afin que l’Alliance Atlantique puisse fonctionner d’une façon plus efficace." Quant à la diversité des sujets débattus, elle découle, selon un document de 1957, de "l’intérêt commun des membres de l’OTAN [ qui ] s’étend constamment au-delà de la sphère d’application limitée du Traité Atlantique. [5]" Il va sans dire que pour faire entériner cette "politique occidentale qu’il serait peut-être plus exact bien que moins diplomatique d’appeler américaine" [6] la plus grande quiétude est nécessaire. C’est la raison pour laquelle ces conférences annuelles - qui regroupaient environ 50 personnes dans les premières années et qui aujourd’hui en comptent 120 - se tiennent loin des regards, dans des hôtels ultras sécurisés et ne donne lieu à aucune communication externe.

Amitié Transatlantique

Paris, 25 septembre 1952. Ce jour-là, 13 personnes se réunissent pour jeter les bases de ce qui deviendra deux ans plus tard, le Groupe de Bilderberg. En plus du Baron François de Nervo, hôte de la réunion, on note des personnalités venues de toute l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" :
> Paul Van Zeeland, ministre belge des affaires étrangères
> Bernhard De Lippe-Biesterfeld, Prince consort des Pays-Bas, époux de la Reine Juliana
> Ole Bjorn Kraft, Ministre danois des affaires étrangères, président du Conseil de l’OTAN
> Dr Rudolf Mueller, avocat d’affaires allemand, ancien président de la German Economic Administration de la zone anglaise.
> Panagiotis Pipinelis, représentant permanent de la Grèce à l’OTAN
> Paul Rykens, président de la firme multinationale Unilever
> Hugh Gaitskell, ancien chancelier de l’Echiquier, trésorier du parti travailliste
> Guy Mollet, président le la SFIO
> Antoine Pinay, Président du Conseil ; ministre des Finances et Affaires économiques

Et enfin les deux chevilles ouvrières du Bilderberg en cours de constitution :
> Sir Colin Gubbins, ancien Général de l’armée britannique, qui durant la guerre fut chargé de la planification des actions subversives et de sabotage au sein du S.O.E. - Special Operation Executive - Démantelé en juin 1946, le SOE fut remplacé, à l’intérieur du service de renseignement MI6, par une nouvelle section secrète " Special Operations" dont Colin Gubbins prit le commandement. En liaison avec Frank Wisner - directeur du bureau de coordination politique des opérations spéciales de la CIA (OPC ) Gubbins s’activa à créer les armées secrètes de l’OTAN - Stay Behind - dans toute l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" [7].

> Joseph Retinger : Cet ami intime de Gubbins fut conseiller diplomatique du Général Sikorski, chef du gouvernement polonais en exil à Londres durant la Deuxième Guerre mondiale [8]. Les services secrets français le considéraient comme un agent du contre-espionnage polonais passé au service de l’Intelligence Service de Grande-Bretagne [9]. Lorsqu’en 1952, Retinger se lance dans la création du groupe de Bilderberg, il occupe le poste de secrétaire général du Mouvement européen.

Sont excusés, Max Brauer, membre du parti socialiste allemand, Maire de Hambourg et Lord Portal de Hungerford, ancien maréchal de la Royal Air Force, contrôleur pour la production de l’énergie atomique au ministère de l’approvisionnement.

Pour Retinger et ses amis, la première tâche consiste à redonner du dynamisme à la campagne antisoviétique en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/", et à faire battre en retraite les partis communistes jugés trop puissants. Mais pour ce faire, il s’avère nécessaire de pacifier les relations euro-américaines. Il est vrai que de nombreux nuages se sont accumulés sur l’ horizon transatlantique depuis la fin de la guerre. Le comité européen pointe du doigt l’ingérence américaine dans les affaires intérieures des pays européens, à ce point outrancière que les élus peinent à la masquer à l’opinion publique. Problème amplifié par le comportement "vulgaire et arrogant" de nombreux Américains en postes en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" et qui alimente un certain "anti-américanisme" dans les populations. Cette situation donne, selon les membres du Comité, des arguments aux partis communistes qui dans certains pays engrangent de belles victoires électorales. Le groupe échafaude alors un plan d’action destiné à "attirer l’attention des autorités compétentes sur des mesures qui puissent renforcer l’amitié et la confiance qui doivent régner entre l’Amérique et l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/"" et décide, dans la foulée, de créer un Comité analogue aux Etats-Unis.

Peu de temps après, Joseph Retinger et le Prince Bernhard, s’envolent pour les Etats-Unis où ils rencontrent Averell Harriman [10], directeur de la Mutual Security Agency - agence chargée de coopération économique - Walter Bedell Smith [11], directeur de la CIA et C.D. Jackson [12], Président du Comité pour une EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" Libre . Le 1° octobre 1953 une lettre du directeur de la CIA, informe Retinger que le Comité américain est constitué. 18 mois plus tard, le 8 février 1954, Européens et Américains se réunissent, de nouveau chez le Baron François de Nervo, et valident un rapport - N°3 - où se trouve également consignée leur stratégie : "Les membres du Groupe, usant de leurs relations avec leurs autorités respectives, s’assureront que les points de vue développés dans le rapport n°3 seront soumis aux divers gouvernements". Ils décident d’organiser " dans un futur proche, une réunion restreinte de personnalités triées sur le volet et d’environ cinquante personnes ; la conférence discutera des problèmes mentionnés dans le document N°3 et si possible conviendra que ses conclusions sont la meilleure voie possible pour réaliser une entente parfaite entre l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" et l’Amérique. Les participants seront des personnalités influentes et informées des sujets débattus."

La conférence dont il est fait mention est prévue pour les 29-30et 31 mai 1954 à Oosterbeek (Pays- Bas ) dans l’hôtel Bilderberg. Les thèmes inscrits à l’ordre du jour sont les suivants :
a) L’attitude générale envers le communisme et l’Union soviétique
b) L’unification de l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/"
c) La Communauté européenne de Défense et la défense européenne
d) Le problème des colonies
e) Les problèmes économiques

Trouver un consensus qui permettrait d’adopter une position commune "envers le communisme et l’Union Soviétique" n’est pas chose aisée. Les Etats-Unis se montrent inflexibles envers "l’ennemi" et reprochent à l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" de s’orienter vers une politique de négociation avec l’URSS, voire même, blasphème, une politique d’apaisement. Pour leur défense, les Européens arguent d’un fort électorat communiste dans certains pays contre lequel la "solution" américaine semble inadéquate. Déterminés à aller de l’avant, les participants concluent que la réconciliation se fera grâce à un front commun contre l’Ennemi, à savoir le communisme.
Au fait, en quoi consiste cette menace communiste contre laquelle on mobilise tant de monde et tant d’argent ?

Le capitalisme en danger

En 1945, le Reich à peine vaincu, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis envisagent sérieusement un revirement d’alliance. Nombre de personnalités des deux nations considèrent que l’ennemi "naturel" n’est pas le nazisme, mais le bolchevisme. Il est, momentanément, question que les armées britanniques et américaine "marchent sur Moscou". Churchill donne l’ordre - secret - au Maréchal Montgomery de ne pas désarmer les unités allemandes capturées et de les tenir prêtes pour un possible emploi contre l’armée rouge. De son côté, le Général Patton demande à réarmer deux divisions de la Waffen SS afin de les incorporer dans la troisième armée américaine pour les diriger contre les Russes. Dans le même temps, les services de renseignements américains recrutent des espions nazis ainsi que des gradés SS et exfiltrent un nombre considérable de criminels de guerre [13].

Toutefois, les opinions publiques ne sont pas prêtes à un tel revirement de situation et sont loin de considérer l’URSS comme une ennemie. En 1945, l’armée rouge jouit d’un grand prestige parmi les soldats stationnés en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/", et un sondage indique que 55% des Américains déclarent vouloir conserver l’URSS comme allié après la guerre [14]. Durant l’année 1946, John Strohm, président de l’Association américaine des journalistes agricoles voyage plusieurs mois à travers la Russie, de retour, il racontera dans un livre que partout où il est allé, il a pu constater chez les Russes un profond sentiment d’amitié à l’égard des USA. Le diplomate américain Summer Welles, quant à lui, affirme publiquement que les véritables objectifs de la politique soviétique sont "la sécurité, la reconstruction, l’industrialisation des républiques soviétiques, et le développement des ressources naturelles comme partie essentielle d’un programme visant à élever rapidement le niveau de vie des Russes." [15]

Ces prises de position s’avèrent extrêmement contrariantes pour ceux qui se sont considérablement enrichis grâce à l’économie de guerre et envisagent d’un mauvais oeil la baisse des carnets de commandes. D’ailleurs, en 1946, des économistes sonnent l’alarme : une crise de surproduction menace et le spectre de la récession n’est pas loin. Pour l’administration américaine, l’ urgence est de trouver des débouchés pour les produits et les capitaux américains, et de remettre en selle la stratégie de la "porte ouverte" [16]. Les regards se tournent vers l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" qui manque de tout, vers ses colonies dans lesquelles les Américains veulent pouvoir s’implanter et enfin vers les pays d’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" sous l’influence de L’URSS .
Mais en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" de l’Ouest, l’ antifascisme radical se double d’une remise en cause du capitalisme. Dans de nombreux pays, syndicats et partis de gauche acquièrent une influence considérable. En Allemagne les ouvriers mettent en place des "conseils d’entreprises souvent dirigés par des communistes" [17] y compris dans les filiales allemandes des entreprises américaines Ford ou General Motors. Ces conseils d’entreprises "inquiètent tous ceux qui craignent que la Deuxième Guerre mondiale ne débouche sur une révolution sociale, exactement comme la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale avaient engendré la Commune et la Révolution d’Octobre." [18] En Grande- Bretagne, le parti travailliste qui remporta les élections contre Winston Churchill en 1945 développe une politique qui répond aux aspirations d’une population extrêmement éprouvée par la guerre. De grandes réformes sociales sont mises en place, telle que la création de la sécurité sociale, ou la nationalisation des industries lourdes et de la Banque d’Angleterre. En Italie, les élections communales de 1946 amènent une large victoire des partis de gauche, tandis qu’en France, le général de Gaulle au pouvoir entreprend des nationalisations, et concède quatre ministères aux communistes. Les élections législativesHYPERLINK "http://www.rene-balme.org/" de novembre 1946, font du PCF le premier parti politique en voix.

Quand Harry Truman était "fatigué de pouponner les soviétiques" [19]

Fort opportunément, en février 1946, un conseiller de l’ambassade américaine en URSS, George Kennan, rédige un long document dans lequel il fait part de ses réflexions sur le défi soviétique auquel est confronté l’Amérique. Bien que convaincu qu’il n’existe pas de risque de conflit entre les deux "grand", il préconise une grande fermeté vis-à-vis du Kremlin ainsi qu’ une politique offensive visant à réduire l’influence soviétique sur les pays satellites. Ce "long télégramme" sera utilisé, peu de temps après, par l’establishment américain pour agiter la menace d’une agression militaire imminente de l’URSS.

Quelques mois plus tard, le sous-secrétaire d’Etat Dean Acheson réunit les principaux dirigeants du Congrès et leur présente la Russie comme une nation "agressive et expansionniste" et conclut qu’un gouffre idéologique infranchissable sépare l’URSS des Etats-Unis [20]. De son côté, la CIA informe le Président américain que "le plus grand danger pour la sécurité des Etats-Unis est la possibilité d’un effondrement économique en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" occidentale et par conséquent l’accession au pouvoir d’éléments communistes" [21]
Le 6 mars 1947 , le Président Harry Truman attaque lors d’un discours à l’université Baylor le principe de l’économie administrée, visant par là non seulement l’URSS, mais aussi des pays comme la Grande-Bretagne ou la France. Truman décrit ainsi le "chemin pour l’ordre mondial" : " Partout le futur est incertain. Les politiques économiques sont fluctuantes. Dans cette atmosphère de doute et d’hésitation, le facteur décisif sera le type de conduite que les Etats-Unis donneront au monde... Le peuple [ américain ] est prêt à assumer le rôle de guide qui lui revient ... Nous sommes le géant du monde économique... Que nous le voulions ou non, la structure future des relations économiques dépend de nous. Le monde attend et observe pour voir ce que nous ferons. Ce choix est le nôtre." Ce discours précède d’un mois le lancement du "Plan Marshall". Entre temps le sénateur Vandenderg, président du Comité des Relations étrangères au Sénat, avait réussi à convaincre le président Truman "d’épouvanter" l’opinion afin de la préparer à la nouvelle politique antisoviétique [22]. Cette épouvante ira crescendo grâce à la "Croisade pour la Liberté" destinée à présenter une image apocalyptique de l’Union soviétique. Le général Eisenhower en personne, accuse Moscou de chercher à "contrôler le monde" et à "détruire la liberté humaine", dans la foulée il annonce que l’Amérique doit se préparer à une bataille aux "conséquences mortelles" qui menacent" l’existence même des Etats-Unis" [23] . En 1952, la "chasse aux sorcières" du sénateur McCarthy ayant accompli son oeuvre, "une véritable crise d’hystérie s’est emparée de l’Amérique et l’opinion croyant la guerre proche s’inquiète de la construction rapide d’abris antiatomiques." [24]

De retour aux Etats-Unis, George Kennan, est nommé directeur du Policy Planning Staff, division du Département d’Etat chargé d’élaborer la politique étrangère américaine. Dans un mémorandum adressé au secrétaire d’Etat Dean Acheson il expose ce que devrait être la position américaine vis-à-vis du reste du monde "Nous disposons de près de 50% de la richesse mondiale, mais seulement de 6,3% de la population... Notre véritable tache dans la période à venir est de concevoir un modèle de relations qui nous permettront de maintenir cette position de disparité... Notre attention devra partout se concentrer sur nos objectifs nationaux immédiats. Nous devons cesser de parler d’objectifs vagues et irréels tels que les droits de l’homme, l’amélioration du niveau de vie, et la démocratisation. Le jour où nous devrons raisonner en terme de concepts clairs de pouvoirs n’est pas si loin. Moins nous serons entravés par des slogans idéalistes et mieux cela sera" [25]

Mais l’agression militaire soviétique imminente est un bluff. A la fin de la guerre, l’URSS est à genoux. Vingt millions de Soviétiques sont morts au front, l’industrie a été dévastée par les armées d’Hitler et partout dans le pays la nourriture manque. Contrairement aux affirmations péremptoires des propagandistes, les "maîtres du Kremlin" n’ont pas l’intention de lancer une nouvelle guerre. En 1945, le ministre des affaires étrangères britannique, Antony Eden déclare devant le parlement anglais, être absolument convaincu que les mesures prises par les Russes en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" occidentale sont seulement destinées à empêcher une dangereuse résurrection de la puissance allemande : "nous savons que les dispositions russes ne sont pas dirigées contre nous" [26] . D’ailleurs, en 1957, George Kennan lui-même prendra ses distances avec la position belliciste américaine et fera une mise au point : "Je n’ai jamais cru que le gouvernement soviétique, à aucun moment depuis 1945, ait désiré une guerre générale, ou qu’il aurait été amené, pour quelque raison politique valable, à entamer une telle guerre" [27]

Halloween au Bilderberg

Dans les salons du Baron de Nervo, le Comité de Bilderberg ne semble pas traumatisé par une quelconque attaque bolchevique. En revanche ce qui inquiète l’assemblée réunie ce 8 février 1954, est le manque d’enthousiasme évident des populations européennes pour la croisade américaine contre l’Union Soviétique. Selon le Comité européen, le problème est dû en partie, au McCarthysme qui a créé de "très grands dommages" dans l’opinion publique européenne surtout dans les pays où existe un fort électorat communiste. L’inquiétude monte d’un cran vers la fin de l’année lorsque C.D. Jackson averti le Département d’Etat que "l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" occidentale veut la paix, le relâchement des tensions internationales et la dissipation de la guerre froide" [28]. La Conférence de Barbizon, en mars 1955, est l’occasion de relancer l’ardeur au combat. Sur un ton mélodramatique, lors de la session consacrée à "l’infiltration communiste dans les divers pays occidentaux", les conférenciers jouent à se faire peur et relatent le " péril rouge" qui sévit chez eux :En Grande-Bretagne, ’"les communistes ont dû agir par voie d’infiltration pour tenter d’atteindre la position dominante qui leur est nécessaire." En Allemagne, "les activités communistes se sont accrues...Il existe certains courants très sommaireHYPERLINK "http://www.grigny-citoyenne.org/"s au sein des masses laborieuses qui... peuvent être exploitées par la propagande communiste." En France explique Guy Mollet "Il existe une tendance profondément enracinée à penser que le progrès est à gauche ... Ce que le terme gauche signifie exactement n’est pas très bien saisi. Du fait que le communisme est ainsi baptisé, il n’y a rien là qui soit de nature à alarmer une large fraction de la population". Quant à l’Italie : "on a pas réussi à isoler le communisme... La gravité de la situation [ économique ] donne aux communistes une sorte de monopole de l’espoir." Les populations européennes, résume le Prince Bernhard, sont vulnérables du fait que "le communisme a deux attraits : l’égalité sociale ou la possibilité pour chacun de trouver sa place dans le système, et la sécurité économique qu’il offre à la partie non ambitieuse de la population, laquelle constitue la majorité."

Heureusement, il existe des pays sains. La Suisse par exemple où les communistes sont très peu nombreux et sont "principalement des indigènes, pour la plupart ouvriers" auxquels s’ajoutent "une partie d’étudiants qui traversent ce qu’on peut appeler une crise de croissance." A la fin de la session, les participants parviennent à se mettre un peu de baume au coeur : "Au Portugal, le communisme se présente sous un aspect largement négatif. Il est bon de savoir qu’il existe au moins un pays du monde où le communisme ne joue pas de rôle." En effet, le Portugal est une dictature. En 1926, date du coup d’Etat, le parti communiste, interdit, a dû entrer en clandestinité. Après l’accession au pouvoir du dictateur Salazar, en 1933, les communistes furent massivement arrêtés. Ceux qui n’ont pas été sommaireHYPERLINK "http://www.grigny-citoyenne.org/"ment exécutés furent torturés et déportés dans le camp de concentration de Tarafal au Cap-Vert.

La deuxième séance voit l’assemblée s’enflammer sur la question de la "défense de la démocratie" et la manière de s’y prendre pour la sauver. Le problème, résume un intervenant, est que "la guerre froide a quelque chose d’une guerre civile dans la mesure où une partie de la population fait fonction d’agents de l’étranger.". Des mesures doivent être prises. Certains envisagent de faire appel à l’Eglise afin de contrer la "propagande pseudopacifiste" des communistes. D’autres exhument une "vieille loi néerlandaise de 1855 qui autorise la proscription des partis non démocrates" et qui mérite d’être examinée de près pour éventuellement servir de modèle aux autres. Impossible rétorque Alberto Pirelli - industriel fasciste et ancien ministre de Mussolini [29] - car en Italie les "choses sont devenues extrêmement difficiles depuis l’abrogation des lois fascistes."
A défaut de pouvoir utiliser des lois fascistes pour sauver la démocratie, les conférenciers décident une "offensive de propagande" pour laquelle il sera nécessaire d’utiliser "plus particulièrement la presse ... spécialement en Italie et en France".

L’Europe, l’Europe, l’Europe

En ce début des années cinquante, la grande affaire transatlantique est incontestablement l’intégration européenne. Celle-ci fit d’ailleurs partie intégrante du Plan Marshall pour le relèvement de l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/". Pour l’Administration américaine, l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" a reconstruire s’envisageait d’abord comme un gigantesque marché à ouvrir aux produits et aux capitaux américains, permettant ainsi à l’industrie US d’échapper une crise de surproduction. Les conditions posées aux nations européennes pour avoir accès à l’aide Marshall étaient claires : créer une "union douanière" et rendre les monnaies européennes convertibles entre elles et avec le dollar. Afin de verrouiller ce nouveau marché, le Congrès américain vota tout un arsenal juridique, empêchant de facto les pays d’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" de l’Ouest de commercer avec le "bloc de l’Est" [30]. Mais le Plan Marshall fut aussi un instrument d’ingérence dans les affaires de politique intérieure des pays "aidés". "Le but de l’ERP [ Plan Marshall ] est fondamentalement politique ... Il est nécessaire de coordonner et d’intégrer le mieux possible toutes les phases de l’effort du gouvernement américain, particulièrement la diplomatie, l’ECA [ administration du plan Marshall ], l’aide militaire et les opérations secrètes de guerre politique [ comprendre coups tordus de la CIA]" [31] Cette ingérence fut telle qu’elle finit par faire grincer des dents y compris dans les rangs américanophiles.

Pour le Bilderberg, pas question de laisser les choses s’envenimer. Lors de la réunion du 8 février 1954, la situation est froidement analysée : "la pression exercée par les Américains sur les Européens pour accélérer le processus d’unification indigne l’opinion européenne, y compris les plus ardents amis de l’Amérique." De plus, les dernières nouvelles indiquent que l’on s’achemine vers un rejet, par le parlement français, de la Communauté européenne de Défense ( CED ), ce qui fera prendre un sérieux retard au réarmement de l’Allemagne décidé par les USA. L’inquiétude des membres du Bilderberg est d’autant plus vive que la plupart d’entre eux sont des figures majeures de la construction européenne.

Le projet d’une EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" fédérée sur les plans politique, économique et culturel fut le fruit de réflexions et de concertations menées à Londres, en 1943, par un petit groupe de personnalités. Edmond Giscard d’Estaing, Paul van Zeeland, Joseph Retinger en furent les principaux acteurs [32]. Trois ans plus tard, Van Zeeland, Retinger et son "vieil ami" Colin Gubbins créèrent la Ligue Indépendante de Coopération Européenne (ILEC). Il s’agissait d’un groupe de pression transnational composé d’hommes d’affaires, de banquiers et de politiques européens dont l’un des objectifs était l’établissement d’un marché commun européen et d’une monnaie unique. L’ambassadeur américain en Grande-Bretagne, Averell Harriman mit sur pied la section américaine de l’ILEC.
Au mois de septembre 1946 Winston Churchill appela solennellement à "ériger quelque chose comme les Etats-Unis d’Europe http://europa.eu/" [33]. Cet appel fut relayé par le Congrès américain qui exigea que les Etats bénéficiaires du Plan Marshall s’engagent à participer à ces Etats-Unis d’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" [34]. Au même moment se créait, autour d’ Alexandre Marc, de Denis de Rougemont et d’Henry Frenay, l’Union Européenne des Fédéralistes (UEF) dont le rôle essentiel était de mobiliser l’opinion publique. De leur côté, les socialistes fondèrent le Mouvement Socialiste pour les Etats-Unis d’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/", tandis que les chrétiens démocrates s’agrégèrent dans les Nouvelles Equipes Internationales. Afin de coordonner ces mouvements, Duncan Sandys - gendre de Churchill - et Joseph Retinger organisèrent un grand Congrès, financé par des fonds du Plan Marshall, à la Haye en mai 1948. Ce congrès donna naissance au Mouvement Européen dont Retinger devint le Président. Dès le début, mouvements fédéralistes et unionistes furent financés par la CIA. Mais ce nouveau Mouvement Européen, avait besoin de beaucoup d’argent pour fonctionner. A cette fin la CIA créa une organisation spécifique : l’ACUE ( American Committee for United EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" ) à la direction de laquelle on trouvait Walter Bedell-Smith, directeur de la CIA et Allen Dulles directeur des plans de la CIA. D’autres fonds parvinrent via la Fondation Ford dont un des dirigeants, Shepard Stone, lança en 1951 une grande campagne de soutien au Mouvement Européen. En 1952, ce même Shepard Stone finança la création du Groupe de Bilderberg dont il devint un membre du comité directeur.

L’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" était sur les rails. Tout le monde cependant ne partageait pas ce bel enthousiasme. Le Général de Gaulle fit connaître son opinion par voix de presse : "N’est-ce pas tuer l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" que de fabriquer, à grand renfort d’intervention américaine, ce monstre, ce robot, ce Frankenstein, que pour tromper le monde, on appelle la Communauté ?" [35] Et de pointer un doigt accusateur sur cette construction communautaire où l’on voyait " s’y employer des synarques [36] qui rêvent d’un empire supranational, des politiques qui croient tout perdu si l’on ne cède pas à l’étranger, enfin cette sorte de gens qui sont toujours prêts à s’inscrire pour le voyage de la lune, en souhaitant secrètement que le départ soit différé. Tous voulaient être les prophètes de l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/"." [37]

Pas question cependant de laisser le Général de Gaulle jouer les troublions dans cette Alliance Atlantique dont le but était "d’établir un ordre mondial stable" [38]. Mais la France, "pierre angulaire de l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" de l’Ouest continentale" [39] était sous bonne surveillance, plusieurs organismes américains étaient installés à Paris. L’ECA (Economic Cooperation Administration tout d’abord, dont le siège était situé dans l’hôtel Talleyrand, était en charge de la coordination, au niveau européen, de l’attribution des aides du plan Marshall. L’ECA était dirigé par Averell Harriman qui, de retour aux USA en 1952, supervisa la mise en place du Comité américain du Bilderberg. Également présent dans la capitale française le Comité France-Amérique administré entre autres par David Rockefeller et C.D. Jackson, tous deux membres du comité directeur du Bilderberg. Quant à Radio Free EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" - officine de la CIA - elle avait ses bureaux sur les Champs Elysées, et était dirigée par C.D. Jackson. Dans ce contexte,il n’est pas surprenant que les réunions constitutives du Bilderberg se soient tenues à Paris.

Le formatage de l’élite transatlantique

Le Bilderberg est un club élitiste, ne sont convié aux conférences que "des personnes influentes dont les relations personnelles avec les hommes placés à la tête des affaires publiques pourraient contribuer ... a rechercher une attitude commune sur les terrains politiques, culturels, économiques et social." Ses fondateurs estiment "beaucoup plus fructueux d’obtenir une compréhension et une bonne volonté mutuelles entre des hommes occupant les positions-clés dans chaque pays que d’essayer d’influencer directement l’homme de la rue par voie de publicité ou de propagande" [40]. La méthode du Bilderberg pour embrigader les élites qui s’emploieront à manipuler l’opinion publique, est identique à celle utilisée par le Congrès pour la Liberté de la Culture [41] : "La CIA faisait circuler les objectifs américains de politique extérieure et en retour, elle écoutait attentivement un groupe dont la connaissance de l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" de l’Ouest pouvait faciliter ou même modifier les méthodes et les arguments utilisés pour formuler les mêmes objectifs." [42] La recette, concoctée par le Conseil de Stratégie Psychologique - PSB - créé en 1951 par le Président Truman, était basée sur le manuel d’instruction des stratèges de la CIA, qui préconisait de "contester la théorie politique égalitaire et de montrer la persistance et le caractère incontournable du pouvoir de l’élite, même en un âge d’égalité." Le PSB proposait la mise en place d’un "mouvement intellectuel à long terme" afin de "briser les modes de pensées doctrinaires hostiles aux objectifs américains." Pour cela il suggérait de prendre appui sur une élite définie comme étant "un groupe numériquement limité ... Qui forme ou du moins prépare les attitudes et opinions de ceux qui à leur tour dirigent l’opinion publique." [43] Ce parallélisme entre le Bilderberg et le Congrès pour la Liberté de la Culture n’est pas le fruit du hasard et l’on retrouve les mêmes acteurs dans les deux instances. La doctrine fut élaborée par le PSB à la demande du président du National Committee for Free EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" ( officine de la CIA ), C.D. Jackson, qui, au même moment, constituait le Comité américain du Bilderberg. Nommé, en 1953, conseiller spécial pour la guerre psychologique du président Eisenhower il devient, en 1954, administrateur du comité américain pour la Liberté de la Culture et membre du comité directeur du Bilderberg. Cinq autres personnalités sont liées aux deux instances : Hugh Gaitskell, chancelier de l’échiquier britannique, Denis Healey député travailliste, Stone Shepard directeur de la Fondation Ford et David Rockefeller président de la Chase Manhattan Bank.

Le mode d’emploi

Le fonctionnement du Bilderberg est décrit dans la brochure de présentation du groupe :
Le Prince Bernhard des Pays-Bas est le président et dirige chacune des réunions. Il est assisté par un secrétaire général pour l’EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/" - Joseph Retinger jusqu’en 1958 [44] - et un secrétaire général pour les USA - Joseph E. Johnson [45]- Le Prince centralise toutes les activités de Bilderberg, désigne les membres du Comité directeur et après consultation de ces derniers décide des personnes à inviter aux conférences annuelles. Le Comité directeur se réunit au moins deux fois par an. Sa composition est variable à l’exception d’un petit groupe d’hommes qui sont toujours présents. Si, au début des années cinquante, les Conférences de Bilderberg comptent une cinquantaine d’invités, on en dénombre, aujourd’hui environ cent vingt. Considérant que "les dirigeants réels d’un pays ne sont pas seulement les politiciens [et que ] d’autres grands intérêts - religieux, financiers, industriels, syndicaux, intellectuels - jouent également leur rôle en matière de relations entre pays [46]", la répartition des conférenciers est la suivante : environ 1/3 d’hommes politiques, 1/4 d’hommes d’affaires, le reste étant des intellectuels, des syndicalistes, des diplomates, des fonctionnaires et des représentants de la presse. Les conférences durent trois jours, dans un hôtel entièrement réservé à cet effet et gardé par une escouade de policiers. Ni les conjoints, ni les secrétaires ne sont acceptés. Chaque participant aux conférences devient "membre" de facto du Bilderberg et même s’il n’est plus invité par la suite, il peut sur demande recevoir les comptes rendus des réunions et ainsi continuer à user de son "influence" pour "contribuer à la réalisation des objectifs que Bilderberg s’est assigné". La relation à la presse est ainsi décrite pas la brochure de présentation : "La presse en tant que telle n’est pas admise aux conférences, cela ne signifie pas pour autant que les journalistes soient exclus des réunions. En fait, d’éminentes personnalités de la presse ont assisté à la plupart des conférences, mais ils ont participé, comme tous les autres en leur qualité personnelle" [47]. Cette belle architecture faillit toutefois s’effondrer en 1976 lorsque le Prince bernhard fut pris dans la tourmente d’un scandale financier. Il fut contraint de reconnaître qu’il avait reçu 1 million de dollars de pots-de-vin de la firme Lockheed afin d’influencer le gouvernement hollandais pour l’achat d’avions de chasse F-16. Le Prince démissionna de la présidence du Bilderberg et il n’y eu pas de conférence cette année-là.

Les socialistes sont nos meilleurs amis

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, aux Etats-Unis, le clivage politique dans le domaine des affaires étrangères ne se fait plus selon une ligne Républicains/Démocrates mais selon une ligne isolationniste/interventionniste. Dès 1941, le courant interventionniste - politique de la porte ouverte - était devenu majoritaire dans les deux camps. En 1952, le président Harry Truman institua une règle visant à assurer la continuité de la politique extérieure quelque soit la majorité au pouvoir [48]. Situation dont se félicite le Comité américain lors de la Conférence de Bilderberg à Barbizon en 1955 : "Le large soutien auquel le Président est maintenant en mesure de faire appel pour sa politique étrangère, et qui couvre sans doute les deux tiers ou les trois quarts du parti républicain et une part considérable du parti démocrate, permet de traiter maintes questions importantes dans un climat de modération et de responsabilité." L’objectif de Washington est d’exporter ce modèle en Europe afin que la ligne atlantiste soit conservée quelque soit le gouvernement en place, autrement dit s’assurer que si les partis socialistes viennent au pouvoir, ils adoptent une ligne compatible avec les intérêts américains. A la fin de la guerre les Etats-Unis organisèrent la Non Communist Left Policy - NCLP -( politique de gauche non communiste ) qu’Averell Harriman, résuma en ces termes au Congrès : "Les socialistes sont nos meilleurs amis en EuropeHYPERLINK "http://europa.eu/"" [49]. Sur le terrain, les Américains savaient pouvoir compter sur de nombreux soutiens afin de développer cette politique. En Italie tout d’abord, où dès 1945 les "Etats-Unis érigèrent la Démocratie chrétienne italienne (DCI) - un ramassis de collaborationnistes, de monarchistes et de fascistes - comme rempart au communisme" [50]. Son dirigeant, Alcide De Gasperi, président du Conseil Italien et ministre des Affaires étrangères de 1946 à 1953, qui recevait secrètement de l’argent de la CIA, suggéra à celle-ci de financer aussi le parti socialiste. "Bonne idée" qui fut immédiatement mise en pratique [51]. Sa mort inopinée en 1954 priva le Bilderberg de sa collaboration. [52] En France, autre pays fortement contaminé - selon Washington - par les idéaux communistes, c’est l’ambassadeur américain Jefferson Caffery, qui avait chargé les relations avec les socialistes. En 1946, celui-ci fit savoir à Washington que Guy Mollet, qui s’apprêtait a devenir secrétaire général de la SFIO, "n’avait aucune sympathie pour les communistes et souhaitait par-dessus tout entretenir avec Washington des rapports amicaux [53]" Une note du 21 janvier 1947, des services de renseignement français - SDECE - indiquait par ailleurs que "la NCLP prenait forme et que le soutien économique des partis européens de gauche non communistes a été décidé [54]" Fort de cette relation de proximité, l’ambassadeur Caffery discuta avec les socialistes de l’éviction des ministres communistes du gouvernement Ramadier. Eviction réalisée en mai 1947. Lorsqu’en mars 1949 les élections municipales montrèrent une forte poussée des conservateurs, Caffery, fit savoir au président du Conseil, Henri Queuille, que "pour les Etas-Unis, les socialistes devaient continuer à participer à la coalition gouvernementale" et dans la foulée alla trouver Guy Mollet pour lui demander de soutenir Queuille [55] . Guy Mollet devint en 1952 membre fondateur du Bilderberg. De l’autre côté de la Manche, l’affaire s’annonçait délicate. Il était question de mettre le Labor Parti (Parti travailliste) dans le "droit chemin". Un organisme crée en 1948 par le premier ministre travailliste Clement Attlee fut utilisé à cet effet. L’IRD - Information Research Department - sorte de ministère secret de la guerre froide rattaché au Foreign Office était étroitement relié à la CIA [56]. Sa missi

 


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